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  • Jessica Halopeau

#2 L’autonomie, illustrations au quotidien


Suite de l’édition sur « l’autonomie de 0 à 3 ans » !

D’après l’enquête, tous les répondants estiment que l’on peut favoriser l’autonomie chez l’enfant, et ce, avant même qu’il ne marche. On peut par exemple, lui proposer ses jeux à disposition, afin qu’il puisse les visualiser et choisir ceux qu’il a envie d’utiliser. On organisera l'endroit où se trouve l'enfant, pour que, tout en étant en sécurité, il puisse accéder facilement aux objets en rampant, en marchant à quatre pattes…Voir article sur l’aménagement de l’espace. Et même pour un enfant que ne se déplace pas encore, favoriser l’autonomie, c’est possible ! On pourra le déposer sur un tapis, au sol, avec des objets autour de lui, à portée de vue et de main. On favorise alors sa motricité libre : on évite « d’emprisonner » son enfant dans un transat ou un parc. L’enfant peut pleinement expérimenter le mouvement, et explorer ce qui l’entoure avec ses sens. On favorisera bien mieux le développement naturel de l’enfant qui, très vite, cherchera à se retourner sur le ventre pour attraper les objets. Il développera ainsi mieux sa musculature et la précision de ses gestes.






Comme 20% des parents l’ont évoqué dans l’enquête, il est important de créer un climat bienveillant et encourageant pour l’enfant : lui faire confiance et lui verbaliser. Jouer avec lui ? Oui, mais ne pas être hyper-interventionniste dans son activité : le laisser faire. Il détourne l’utilisation première de l’objet qu’il a dans les mains ? Ce n’est pas grave… Du moment que cela éveille ses sens et que cela a un intérêt pour son développement (à condition que cela n’impacte pas sa propre sécurité et celle des autres, bien sûr !) ! Voici quelques idées, élaborées à partir de vos réponses, sur des moments du quotidien : Le repas


  • Laisser votre enfant manger seul. Ce que 93% des parents ont évoqué dans le sondage.

Avec ou sans couvert(s), on peut proposer à l’enfant de découvrir, par lui-même, ce qui se trouve dans son assiette, goûter, toucher les textures avant de les mettre à la bouche.

  • Présenter l’ensemble du repas en même temps. C’est l’occasion de donner des informations sur les noms des aliments, leurs caractéristiques (salé, sucré, acide, etc. mais aussi la couleur, « ça croque », « ça fond »… ).

NB : La découverte sensorielle est différente d’un « jeu ». A cet âge l’enfant ne joue pas avec la nourriture, il expérimente avec ses sens. Cela ne signifie pas qu’il faut lui laisser jeter la nourriture par terre, et ne pas instaurer de règles. Cela signifie simplement qu’il peut tout à fait manipuler les aliments avec ses doigts, et que cela a un intérêt pour lui !!


  • Adapter le matériel de puériculture à la taille de l’enfant. Vous avez été nombreux à le souligner aussi. En effet, il est indispensable de prévoir des couverts à taille d’enfant et lui proposer de prendre son repas sur une table et une chaise adaptées à sa taille. Il pourra ainsi mettre lui-même le couvert et débarrasser (26% des réponses).



Faut-il proscrire la chaise haute ? C’est une question qui revient souvent dans les ateliers que j’anime. La chaise haute ne permet pas à l’enfant de s’installer et de sortir de table tout seul. Cependant, on peut considérer qu’elle permet de partager ensemble le repas à la table familiale, et de passer un moment convivial. L’enfant peut, aussi, voir comment mangent les adultes à table. Alors, non, la chaise haute n’est pas montessorienne, car c’est l’enfant qui s’adapte à l’environnement adulte et non l’inverse. Mais si l’on veut privilégier le repas comme un moment social, son utilisation peut s’entendre. En fait, l’idéal, serait que toute la famille prenne son repas sur une table basse

  • On peut aussi proposer à l’enfant de participer à la préparation du repas. Ce que l’on appelle els activités de vie pratique Montessori ! Aider à faire une pâte à tarte, disposer les fruits sur un fond de tarte, laver des légumes…

Le repos

  • Permettre à l’enfant d’aller seul dans son lit (33% de vos réponses). Cela suppose donc d’avoir un lit bas. L’enfant pourra donc accéder quand il le souhaite à son espace de sommeil. En grandissant, il pourra lui-même identifier ses signes de fatigue, et pourquoi pas, aller se reposer tout seul. Cela offre aussi l'avantage qu'au réveil, l'enfant peut se lever tout seul! On évite donc les pleurs pour qu'un adulte vienne le sortir du lit !!

  • Instaurer des rituels autonomes : Déshabillage seul, mettre sa veilleuse tout seul, regarder un livre, câliner son doudou… (33% des réponses). Ces rituels autonomes sont bien sûr accompagnés avant, et pendant par l’adulte qui montre, verbalise, et rassure l’enfant.

  • S’endormir seul (13% de vos réponses). Si ce paramètre est important pour certaines familles, il n’est pas évident pour un enfant de s’endormir seul. Beaucoup d’enfants ont besoin de la présence de l’adulte pour trouver le sommeil. Et cela est normal.

J’aurai l’occasion de reparler du sommeil plus longuement car c’est un sujet qui pose beaucoup de questions et qui, visiblement, peut amener des difficultés au sein des familles (20% de vos réponses). Nous y reviendrons la semaine prochaine. Les soins


  • Encore une fois, permettre à l’enfant de participer en réalisant les gestes de la vie quotidienne : Se laver seul (se savonner, se sécher) (33% des réponses), s’habiller seul ou participer à l’habillage (26% des réponses), Appliquer la crème, se laver les dents, manipuler les produits et les ranger (savoir ouvrir un tube, brosser ses cheveux…) (20% des réponses).

  • Cela suppose donc, d’aménager et d’adapter l’espace à la taille de l’enfant : penser à avoir un marchepied, un petit miroir à hauteur d’enfant, un gant de toilette et une serviette accessibles.

  • Laisser du temps à l’enfant, dans son bain d’explorer l’eau de manière sensorielle : lui donner des objets flottants, le laisser transvaser, vider, remplir, faire de la mousse… (Assez peu évoqué dans le sondage…6% …mais très intéressant).


  • Ce qui permettra à l’enfant de devenir autonome, c’est aussi de voir ses parents faire et de faire avec eux !

Eveil et jeux

  • Comme évoqué plus haut, mettre les objets à disposition de l’enfant. C’est ainsi qu’il pourra s’installer seul et choisir ce qu’il souhaite faire. (40% de vos réponses)

Voir conseils sur l’aménagement de l’espace.

  • Montrer à l’enfant que chaque chose a une place. Apprendre à son enfant qu’il est important d’avoir un espace ordonné et de remettre les choses à leur place après utilisation.

Comme on l’a dit plus haut, pour l’enfant « non -marcheur », cela s’applique également à l’enfant « marcheur » :

  • Respecter son rythme de découverte et l’utilisation des jouets (possibilité de détourner de l’utilisation première) (13% des réponses).

  • Ne pas intervenir systématiquement dans l’activité de l’enfant. Attendre qu’il vous sollicite, et l’encourager à faire seul, faire les choses ensemble. Préférez d’ailleurs lui montrer comment faire, puis lui dire « à toi », plutôt que de guider son geste…

Les sorties

  • Pour 67% des répondants, il est important de favoriser l’autonomie lors des sorties par rapport à la sécurité et aux risques liés à la route, en ville. L’adulte apporte en effet des informations indispensables à l’enfant qui se promène en milieu « hostile ». Il le sensibilise aux comportements qui feront qu’il pourra, un jour, se déplacer en prenant en compte tous ces dangers : marcher sur le trottoir, regarder avant de traverser la route, etc.. Certains parents ne se sentent pas à l’aise pour favoriser l’autonomie à ce moment. Ils préfèrent donc mettre l’enfant en poussette, ou le porter.


Il est vrai qu’en ville, il vaut mieux être extrêmement disponible pour accompagner son enfant vers l’autonomie. De plus, les distractions sont nombreuses. Ne choisissez pas de faire cela lorsque vous allez faire vos courses, cela risque d’être compliqué. Cependant, vous pouvez très bien choisir de faire une promenade en ville, où vous serez complètement disponible pour accompagner votre enfant, à pied, et où vous prendrez le temps de lui expliquer à chaque étape, les enjeux. « A cet endroit, il est important que tu me donnes la main, parce que… » « Regarde, avant de traverse, nous allons bien regarder de chaque côté et s’assurer qu’il n’ay ait pas de véhicule qui arrive … »

  • Au parc ou dans la nature, la tendance des réponses (67%) est de laisser l’enfant expérimenter et développer sa motricité. En effet, profitez de ces endroits où l’enfant peut avoir de l’espace, courir, sauter, lancer… Laissez-le explorer la nature, toucher l’herbe, les feuilles…

Mais attention, même dehors, votre enfant a besoin de vous : observez-le, éveillez ses sens, sensibilisez-le à ce qu’il se passe autour de lui : les bruits, les odeurs, la couleur des feuilles en automne, faites du lien avec des chose dont vous avez pu parler à la maison.​ Par exemple, si vous avez discuté des arbres (autour d’un puzzle Montessori par exemple), et de ses différentes parties, montrez-lui en vrai : le tronc, les branches, les feuilles, les racines…

  • En sortie, c’est aussi l’occasion de faire des rencontres, de voir des personnes connues ou inconnues. C’est le moment de s’entraîner aux codes sociaux et à la politesse (20% des répondants l’ont évoqué). Dire bonjour, merci, au revoir, aider un enfant qui s’est fait mal, etc.

  • Bien sûr, avant et après les sorties on peut favoriser l’autonomie en proposant à l’enfant de s’habiller et se déshabiller seul (20% de vos réponses). Il sera alors important de prévoir un petit porte-manteau à hauteur de l’enfant, dans l’entrée, un endroit où il pourra ranger seul ses chaussures.​

Dans toutes ces situations du quotidien, on retiendra donc les grands principes suivants :

  • L’organisation de l’espace à taille d’enfant (prévoir du mobilier et des objets de petite taille). Très bientôt, une liste de meubles et matériels sur le blog !! J’y travaille !

  • La mise à disposition des objets (jeux, objets du quotidien, vêtements…).

  • La motricité libre : laisser l’enfant se mouvoir et faire les choses par lui-même, être libre de ses mouvements.

  • La communication : créer un climat bienveillant, encourager, ne pas être hyper-interventionniste et expliquer pourquoi.

A suivre ... :)

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